Le
Parti de l'Unité Populaire (PUP) a tenu samedi et dimanche son conseil
central à la Goulette. C'est la première réunion de cette instance du
parti après les élections présidentielle et législatives du 25 octobre
dernier.
Le PUP a participé à ces deux échéances électorales par la présentation de la candidature de
son secrétaire général M. Mohamed Bouchiha à l'élection présidentielle
et par la présence de ses listes dans les circonscriptions.
Ce
conseil central a été donc l'occasion pour les cadres du parti
d'évaluer la participation à ces élections et aussi se préparer aux
prochaines élections municipales. Pour en savoir plus nous avons invité
M. Bouchiha. Interview.
Le Temps: Quel a été l'ordre du jour de ce conseil central.
M. Mohamed Bouchiha: L'importance de ce conseil central c'est qu'il se situe entre deux évènements politiques
majeurs en Tunisie. Les élections présidentielle et législative du 25
octobre 2009 et les élections municipales prévues début mai 2010.
Cette réunion nous a permis de faire le point et d'évaluer les efforts qu'ont consentis les différentes structures du
parti pour une véritable participation à ces élections et d'examiner le
contexte général dans lequel se sont déroulés ces échéances
électorales. Nous considérons ce contexte comme positif et pouvant
ouvrir de nouvelles perspectives pour l'action politique démocratique
en Tunisie.
Quels enseignements tirer des législatives?
Les
législatives nous ont permis d'avancer davantage notamment en arrivant
à constituer un groupe parlementaire à la Chambre des députés qui
consolidera notre action au niveau du pouvoir législatif. Je ne vous
cache pas qu'une grande partie des travaux de ce
conseil central a été consacrée à l'examen des rapports présentés par
nos fédérations régionales et locales dont l'objectif et une présence
plus importante aux prochaines élections municipales qui revêtent, pour
nous, une importance majeure et déterminante dans l'approfondissement du
processus démocratique. Nous sommes conscients d'ailleurs des
difficultés que nous allons rencontrer dans la confection de nos listes.
•Quel genre de difficultés?
-Nous constatons qu'au niveau régional et local, il y a encore une résistance à la présence de l'opposition. Nous sommes déterminés
à combattre tous les obstacles parce que nous allons miser sur une plus
grande neutralité de l'administration vis-à-vis des partis politiques.
Nous sommes dans ce sens encouragés par la volonté du Président de la
République de faire participer tous les partis à l'action politique locale à travers des structures élues. En témoigne le
dernier amendement du code électoral qui réserve 25% des sièges aux
conseils municipaux aux listes minoritaires qui obtiennent + de 3% des
voix.
•Est-ce que vous avez rencontré des difficultés à ces législatives?
-Non
parce qu'il y a ne différence entre les législatives et les
municipales. Au niveau des municipales l'opposition va remporter 25%
des sièges de la liste du parti majoritaire. Donc il y a un manque à
gagner pour le RCD. Donc il y aura une vive compétition à ces
élections. Par contre aux législatives le calcul des sièges remportés
par l'opposition se fait au niveau national et non au niveau local des
circonscriptions.
•Parlons maintenant des élections présidentielle?
-Comme nous l'avons exprimé auparavant, nous sommes réalistes à ce niveau et ce, pour des raisons objectives dont
le plus important est la popularité dont jouit le Président Ben Ali.
Notre grande satisfaction c'est que ces élections présidentielle sont
déroulées dans des conditions dignes des pays
les plus démocratiques. Toutes les étapes, à commencer par la
présentation des candidatures auprès du Conseil Constitutionnel jusqu'à
la proclamation des résultats en passant par le déroulement de
la campagne et du scrutin, se sont déroulées dans de très bonnes
conditions. Et la participation massive des citoyens et leur intérêt
grandissant pour ces élections sont un signe révélateur de l'avenir du
processus démocratique dans le pays.
•Vous êtes satisfait des résultats?
-Ce sont des résultats qui montrent que nous sommes arrivés à briser un certain préjugé
rétrograde lié à la prédominance du parti unique et du candidat unique.
Il y a eu un débat lors de la réunion du Conseil où bon nombre de
militants et de cadres tout en exprimant leur
satisfaction des résultats ont jugé que les résultats aux législatives
n'ont pas été à la hauteur de l'effort qu'à consenti le parti avant et
pendant la campagne électorale.
•Quelles en sont les causes?
La
principale cause reste le code électoral dont surtout le mode de
scrutin qui n'a pas permis à plusieurs cadres du parti à remporter des
sièges dans leurs régions. Tout d'abord, il y a le découpage des
circonscriptions qui ne reflète pas la réalité politique dans certaines
régions. Nous avons toujours appelé à la révision en ce sens du code
électoral vers la réduction des tailles des circonscriptions. Nous
estimons que les listes électorales ne doivent pas comporter plus de 5
candidats. Il y a aussi la distribution proportionnelle du reste des
voix au niveau national pour les partis de l'opposition qui, à notre
avis, n'est plus de mise. C'est pour cela que notre conseil central à
appeler à l'instauration d'un dialogue réfléchi et profond pour la
révision du code électoral. La société tunisienne a atteint un degré de
maturité qu'a reflété par ces élections et nous pensons qu'une révision consistante du code électoral s'impose.
•Quels sont les autres thèmes abordés par le conseil central?
-Bien
entendu l'ordre du jour a comporté également l'examen de la situation
politique dans le pays dans le contexte actuel de crise économique mondiale
et a appelé à une plus juste répartition des richesses et des
investissements entre les différentes régions. Le conseil a examiné
aussi la question de l'emploi, de l'environnement, la situation du
secteur de l'information en particulier celle de la télévision
nationale qui reste en deçà de nos aspirations. D'autre part, le conseil a
salué la politique de dialogue entre le Chef de l'Etat, le gouvernement
et les différents partis politiques et a appelé à son approfondissement
pour un plus grand progrès, une plus grande justice sociale et une
véritable participation à la gestion des affaires publiques.
Nous
sommes pour un plus grand développement politique du pays qui
accompagne le développement économique et social. La refonte de la
législation concernant les associations, la promotion des activités des
partis politiques démocratiques serviront à relever tous les défis et
faire face à toutes les menaces qu'elles soient internes ou externes qui peuvent peser sur notre indépendance et notre souveraineté.
Interview réalisée par
Néjib SASSI